Les contrats aidés sont-ils efficaces ?

Pour avoir fait ce genre de contrats, je peux répondre à la question. Et je vais vous étonnez peut-être, en vous disant que je suis assez d’accord avec le gouvernement Macron sur ce sujet.

Non, les contrats aidés ne sont pas efficaces contre le chômage. Oui, ils aident sur le moment mais n’aboutissent presque jamais à un CDI. Oui, les contrats aidés aboutissent souvent à la précarité. Non, ces contrats n’apportent presque jamais de formations et les services publiques qui en font appellent abusent des bénéficiaires en les poussant, parfois, à des heures qu’ils ne devraient pas faire et un travail parfois sous évalué pour un salaire de misère menant parfois au désespoir et au suicide. Mais ça, personne n’en parle.

L’éducation nationale en abuse. Les centres hospitaliers. Les mairies, et je vais expliquer plus loin l’abus et la magouille que les politiciens font avec les contrats-aidés en mairie, et beaucoup de fonction publique et différentes associations, dont parfois certaines qui n’en auraient pas besoin se nourrissent avec vos impôts en prétendant aider à la misère humaine.

Dans l’éducation nationale, j’ai souvent dépassé mes 20 heures de travail. Heures non payées et j’ai même travaillé une fois, 40 heures pour une semaine payé 20 heures !

J’ai connu, j’en avais parler sur mon premier blog, une femme de 50 ans employée pendant 2 ans à 20 heures par semaine qui s’est suicidé parce qu’elle espérait être embauchée. Pour moi, c’était un meurtre de la direction de l’éducation nationale !

Parlons maintenant des mairies.

Celles-ci embauchent des amis, des parents etc à des contrats aidés avec un salaire généreux et à des personnes qui n’ont absolument pas le besoin d’en bénéficier. Voilà la triste vérité ! Et bien sûr, les conseils départementaux sont les premiers à le faire. Je parle des grosses mairies politisées et pas des petites mairies de villages. Mais parfois, là aussi, c’est la grosse magouille.

Quand aux associations, c’est encore pire que tout !

J’ai travaillé dans une grande association où j’ai côtoyé les travailleurs précaires d’un côté et l’opulence des adhérents et patrons de l’autre. J’ai vu de l’argent jeté par la fenêtre alors qu’ils pleuraient parfois pour payer les employés(es) ! Et je me rends même compte que mon salaire n’était pas en entier alors que l’état versait la totalité contrairement à ce que l’association prétendait !

Dans une autre association, j’ai connu des employés(es) exploités et maltraités et poussés à arrêter le travail. L’association continuait bien sûr à avoir les subventions ! Parce que ça marche comme ça ! Et le pire, c’est que cette association avait pour but d’aider les gens dans la précarité à s’en sortir ! C’est scandaleux !

Oui, je suis, pour une fois d’accord avec le gouvernement sur ce sujet, les associations pourraient embaucher et payer des salariés.

J’ai fait des contrats aidés dans ma vie. Et aujourd’hui, je suis dans la précarité. C’est la faute aux fonctions publiques qui ne m’ont pas fait faire de formation. C’est la faute aux conseils généraux d’alors de ne pas avoir suivi mon dossier. C’est la faute à pôle emploi qui ne m’a souvent proposé que ça (comme à beaucoup de demandeurs d’emplois). D’ailleurs, j’ajoute que pôle emploi abuse de ce genre de contrats aidés.

Oui, il faut cesser ces contrats et revoir l’aide à l’emploi. La formation me semble bien plus adapter pour un véritable retour à l’emploi.

Je vais vous dire comment les contrats aidés marchaient par le passé et marche encore maintenant par méconnaissances ou manque de volonté et de courage des différents gouvernements de gauche comme de droite.

J’ai connu les CES (contrat emploi solidarité). La première chose, c’est que vous n’aviez pas votre emploi mis sur la fiche de paie. Mais vous aviez CES. CES n’est pas un métier. Ce n’est pas qualifiant et ce n’est nullement valorisant. Lorsque vous vous rendiez à un entretien d’embauche, le patron vous demandait ce que vous faisiez et souvent ne donnait pas suite à cet entretien. Pourtant la personne bossait. Je bossais ! Ensuite, la paye n’était pas très grosse et pourtant, je bossais parfois jusqu’à 40 heure par semaine ! Oui, 40 heures ! Pendant que les fonctionnaires ne faisaient rien et me regardaient travailler !

On appelait les gens en contrat CES, les CES. Est-ce normal d’être appeler « CES » lorsque vous êtes un(e) employé(e) ? NON !

Quand à la formation promise, elle n’était souvent pas là. Je me rappelle avoir fait 40H pour rattraper les heures des vacances scolaires. Ma chef était une conne de première et une pétasse de fonctionnaire ignorante. J’ai envie de l’insulter aujourd’hui alors qu’à l’époque je la trouvais si sympa. Et je n’ai jamais fait la formation promise. J’ai démissionné avant... parce que je n’étais pas employé comme aide-documentaliste mais comme surveillant sans pouvoir !

Voilà la réalité des contrats aidés. Et aujourd’hui, c’est exactement la même chose.

Donc, oui, il faut revoir les contrats aidés et les appeler CDD, tout simplement, avec la qualité de l’employé (e) qui travaillera. L’état, les collectivités publiques et les administrations portent une immense responsabilité de la précarité des travailleurs, des 6 millions de chômeurs, des 12 millions de pauvres et des 1,5 millions de sans-domiciles-fixes.

Personne n’a rien dit à l’époque et les politiciens droite-gauche confondus pleurent sur les contrats aidés qu’ils ont exploités hier et continue d’exploiter aujourd’hui. Voilà la vérité !

Il était temps de le dire.

Bonjour chez vous !